CET ARTICLE EST UNE GRACIEUSETÉ
DE CHRISTIANITY TODAY

NOTE DE L'ÉDITEUR :
Lors de la lecture de cette série d’articles, il sera important d’avoir en tête qu’elle analyse principalement le contexte américain. Il revient donc à chacun・e de dresser des parallèles avec son propre contexte, d’identifier les similitudes et les différences, ainsi que de discerner comment ces modèles se reproduiraient et s’adapteraient en sol québécois.

2e partie

Quel modèle d’implantation d’Église vous convient ? Le modèle traditionnel ?

Cet article est le deuxième d’une série sur les modèles d’implantation d’Église. Voici le contenu de la série complète :

1ère partie – Une introduction aux modèles d’Église
2e partie – Le modèle traditionnel
3e partie – Le modèle attractionnel (à grand déploiement)
4e partie – Le modèle missionnel ou incarnationnel
5e partie – Le modèle Église-maison
6e partie – Le modèle multisite ou satellite

Le problème que nous rencontrons est que trop d’implanteurs d’Église tombent en amour avec un modèle d’implantation avant de tomber en amour avec les gens à atteindre. Ils finissent par négliger certains outils qui pourraient s’adapter à leur contexte.

L’objectif de cet article est de vous fournir des renseignements de base sur le modèle traditionnel et les raisons qui pourraient pousser quelqu’un à implanter une Église de cette façon.

Avant le milieu des années 1990, avant l’essor de l’implantation d’Église et avant que l’implantation d’Église ne devienne populaire, il y avait des implanteurs méconnus comme Larry Lewis, auteur du Church Planter’s Handbook (Le manuel de l’implanteur d’Église), qui adhéraient à la devise « Va, et proclame la Bonne Nouvelle. »

Pour un implanteur, trouver le modèle qui convient peut s’apparenter à trouver la voiture qui convient.

Autrement dit, ils avaient un appel à accomplir le Grand Mandat (Matt. 28.18-20 ; Actes 1.8). Ils s’installaient donc à un endroit, remplis d’une passion évangéliste qui les poussaient à partager l’Évangile avec le plus grand nombre. Au fil du temps, des gens se convertissaient et formaient la base de l’Église.

L’Église commençait à se réunir pour un temps de célébration aussitôt que quatre familles chrétiennes la composaient (c’était le plan établi par Larry), puis elle commençait l’école du dimanche peu de temps après. L’école du dimanche servait à mobiliser l’Église à atteindre plus de personnes.

Je vous entends dire : « Ed, est-ce qu’il y a encore des gens qui font les choses de cette façon ? »

Eh bien, absolument! Mais ils ne sont tout simplement pas dans les grandes conférences.

Bien que ce modèle ne soit plus parmi les plus prisés des implanteurs contemporains, il demeure le choix le plus commun au sein des cultures minoritaires. Certaines implantations voient aussi le jour de cette façon dans des milieux où la culture est majoritaire.

Pourquoi ce modèle est-il efficace dans ces milieux ?

Pensez-y.

Disons que vous êtes un Cubain qui se sent appelé à implanter une Église parmi les immigrants cubains de la petite Havane (Little Havana), à Miami. Vous bénéficiez d’un lien instantané avec les Cubains vivant dans la petite Havane. Ce lien vous aide à bien connaître ses habitants ; leur arrière-plan, leurs coutumes, leurs croyances, leur spiritualité, etc. La transition vers le partage de l’Évangile se fait alors de façon fluide, naturelle, et les gens sont potentiellement davantage réceptifs à l’entendre.

Vous débutez une étude biblique dans votre maison. Vous entrez en contact avec une association d’Églises. Ce partenariat vous permet de commencer à tenir des réunions dans la salle d’une de leurs Églises dès que vous comptez quatre familles et un guitariste dans vos rangs. Vous pouvez à présent commencer les célébrations du dimanche. Et l’école du dimanche. Et les groupes de jeunes. L’Église s’accroît en nombre et est rapidement établie, peut-être même dans son propre bâtiment.

Voilà le modèle traditionnel.

Ou encore, disons que vous êtes un cowboy qui se sent appelé à implanter une Église à Tyler, au Texas ; la ville qui compte le plus grand nombre de cowboys au monde. En supposant que vous êtes un authentique cowboy (et non un aspirant Lucky Luke), vous avez un lien naturel avec les autres cowboys et faites partie de la même communauté.

Vous commencez un petit groupe. S’ajoutent ensuite quatre familles, et vous commencez à tenir des célébrations du dimanche. (Sans lancement à grand déploiement, sans publicité et probablement sans employé à temps plein.) Vous commencez avec quatre familles, augmentez à dix, et la croissance se poursuit ainsi.

Le modèle traditionnel nécessite un investissement financier inférieur à celui d’autres modèles. La raison est simple : il ne requiert pas tout le tape-à-l’oeil nécessaire à certains modèles. Beaucoup d’implanteurs ayant choisi le modèle traditionnel sont généralement financièrement autonomes ou bivocationnels. Au fil du temps, il se peut qu’ils en viennent à être soutenus financièrement par une Église autosuffisante et autonome. Cependant, pour certains implanteurs, le soutien viendra d’une Église-mère ou d’une dénomination qui veut atteindre un groupe de personnes en particulier ou un groupe dans une région donnée.

Qu’en est-il des forces, des faiblesses et de la reproductibilité du modèle traditionnel ? Sa force réside surtout dans son zèle pour l’évangélisation. La croissance de l’Église est souvent attribuée à son caractère homogène et au fait que l’accent est mis à un seul endroit. Ces deux forces deviennent les facteurs qui conduisent au succès de beaucoup d’implantations d’Églises.

Ces forces peuvent toutefois se transformer en faiblesses puisque le modèle traditionnel réunit souvent un groupe homogène de personnes, et cela engendre une vision limitée du ministère.

Alors, si dès le début de la lecture de cet article vous avez décidé que ce modèle n’était pas pour vous, posez-vous cette question : « Pourquoi ? » Serait‑ce que vous aimez votre modèle d’Église, avec sa machine à fumée et ses campagnes publicitaires, plus que les gens que Jésus vous appelle à atteindre ?

C’était mon cas à ma première Église ; nous étions au centre-ville de Buffalo, NY, et nous implantions une Église parmi les citadins pauvres. J’aspirais à une Église basée sur les cellules, contemporaine, « seeker-sensitive » (à la Rick Warren). Mais, nous avons été confrontés à des obstacles majeurs. Les gens avaient honte de leur maison et ne voulaient pas accueillir un groupe chez eux, personne ne pouvait nous conduire dans un temps de louange de musique contemporaine (les cours de piano n’ont pas la cote auprès des citadins pauvres), et les gens ne se souciaient pas vraiment des nuances d’une célébration axée sur les personnes en recherche (seeker-sensitive).

Le jour où j’ai arrêté de penser à mes propres préférences, j’ai remarqué que notre Église commençait à se réunir en petits groupes avant la célébration du dimanche (certains appelleraient cela l’école du dimanche – Oh !), que la musique était plus du genre acoustique que contemporain, et qu’une prédication de type « dire les choses comme elles sont » était très efficace dans ce milieu brisé.

Finalement, le modèle a été choisi en fonction de la mission, même s’il a fallu deux ans à ce jeune implanteur (à l’époque) pour comprendre la façon dont il aurait dû s’y prendre.

Cet article vous aidera peut-être à vous diriger plus rapidement que moi vers un modèle axé sur votre mission.

Si vous désirez plus d’information ou de ressources sur le modèle traditionnel (et l’origine de ces idées), allez lire ceci :

L’article original est disponible sur Christianity Today.

Ed Stetzer, Ph.D., agit à titre de président de la chaire Billy Graham sur l’Église, la mission et l’évangélisation au Wheaton College et sert en tant que directeur exécutif du Billy Graham Center. Il a été pasteur, a implanté et revitalisé des Églises, a formé des pasteurs et des implanteurs d’Églises à travers le monde, est titulaire de deux maîtrises et deux doctorats, et est l’auteur de dizaines d’articles et de livres.

Cet article fut publié antérieurement sur le site de Christianity Today. Utilisé avec permission.
Traduit par Mission Québec. © Christianity Today 2015.