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« Ensuite, Jésus dit à celui qui l’a invité : “Quand tu donnes un grand repas, à midi ou le soir, n’invite ni tes amis, ni tes frères et sœurs, ni les gens de ta famille, ni des voisins riches. En effet, ils t’inviteront à leur tour et ils te rendront ce que tu as fait pour eux. Au contraire, quand tu offres un repas de fête, invite des pauvres, des infirmes, des boiteux, des aveugles. Alors tu seras heureux parce qu’ils ne peuvent pas te rendre cela. Mais Dieu te rendra cela le jour où il relèvera de la mort ceux qui lui ont obéi. »
Luc 14 : 12 à 14

Et si on prenait les paroles de Jésus à la lettre?

Voici l’histoire fascinante de Tim Cain et sa femme Abbey qui sont allés au bout de cet appel peu commun que fait Jésus de festoyer en compagnie des pauvres.

Festoyer en compagnie des pauvres

Par Tim Cain

Ce que j’aime de Luc 14, c’est que Jésus vient pour abolir nos différences. Dans ce passage, il nous dit que nous n’avons pas à chercher des pauvres et essayer de déterminer comment nous pouvons les servir. Ce passage ne nous demande pas, pour le prochain repas de l’Action de grâces, de faire comme le président américain et d’offrir de notre temps pour servir à une soupe populaire au lieu de célébrer avec notre famille. Ce n’est pas ce que Jésus dit.

Voici plutôt ce qu’il dit : « Quand des gens viennent partager un repas chez toi, et que des amis, de la famille et de la parenté sont attendus, ne t’arrête pas là. Continue. Invite aussi les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. Invite ceux que tu ignorerais en temps normal. Invite ceux qui ne peuvent pas te rendre la pareille. Invite ceux qui souffrent. Invite‑les à ta table comme tu inviterais des membres de ta famille. » Nous pourrions être tentés de dire : « D’accord. Je suis d’accord pour le faire quelques fois par année. Je vais parler à ma famille pour l’encourager dans ce sens. Nous allons intégrer cela dans notre vie. Nous aurons tous une bonne idée de ce qui s’en vient, et puis nous le ferons. » Mais Jésus dit : « Non, non, non. Quand vous le faites, ne le considérez pas comme un projet de service. »

Repas ordinaire ou festin ?

Je veux attirer ton attention sur une chose étonnante. Lis le verset 12.

« Il dit aussi à celui qui l’avait invité : Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, ne convie pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu’ils ne t’invitent à leur tour et que ce ne soit ta rétribution. »

Tu sais de quoi parle Jésus au verset 12 ? Il parle d’un repas ordinaire. Il emploie les mots dîner et souper. N’est‑ce‑pas ? Tu vois ces mots ? Ce sont les mots normaux utilisés dans la langue grecque pour désigner un repas. Jésus parle d’un souper. Il parle d’un dîner. Il parle d’un repas ordinaire.

Puis vient le verset 13, et les pauvres sont invités. Et tu vois ce que Jésus fait au verset 13 ? Il change le mot.

« Lorsque tu organises un festin, invite au contraire des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles, et tu seras heureux, car ils ne peuvent pas te rendre la pareille. En effet, cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

La seule différence entre le repas du verset 12 et celui du verset 13 est qu’au verset 13, les pauvres sont mentionnés. C’est la seule différence. La nourriture n’est pas différente. L’occasion n’est pas différente. Mais Jésus croit que la différence entre la présence et l’absence des pauvres est si grande qu’on ne peut utiliser le même mot pour parler de ces repas. Ils ne sont pas pareils. L’un d’eux est normal. Celui que tout le monde prend. L’autre est un festin.

Jésus vient et dit essentiellement : « Qu’est-ce qui transforme un repas en festin ? » Je parie que si on demandait à la plupart des gens, ils répondraient que c’est la nourriture qui en fait un festin. Ou encore que c’est l’occasion qui en fait un festin. Jésus n’est pas d’accord. Ni la nourriture, ni l’occasion ne transforment un repas en festin. Peu importe ce qui est servi ; si les pauvres sont présents, c’est un festin.

Qui est invité ?

Dans ce passage, Jésus nous exhorte à abolir les différences. Il nous appelle à inviter les pauvres. Tu vois ce qu’il fait ? C’est pourquoi je parle d’abolir les différences. Il nous appelle à inviter les pauvres dans des parties de nos vies normalement réservées à nos amis, notre famille et nos voisins riches. La nourriture est l’exemple qu’il utilise, mais pense seulement aux parties de ta vie que tu réserves aux personnes qui te ressemblent ; voilà les parties dans lesquelles il veut que tu invites les pauvres.

Tu vois, ce passage ne parle pas seulement de nourriture. Il parle d’une relation. Ce passage parle de traiter le pauvre, l’estropié, le boiteux et l’aveugle avec le même amour, le même honneur, le même respect et la même appréciation que tu as pour tes amis, tes voisins riches et ta famille.

Une femme qui s’était enlisée dans la pauvreté a déclaré à la personne qui l’interrogeait : « Je sais que les gens font beaucoup pour moi. Mais ce que je désire vraiment, c’est que quelqu’un soit mon ami. » Cette femme désirait avoir un ami. Ce qu’elle souhaitait, c’était de prendre place à la table et de manger avec quelqu’un plutôt que de se tenir de l’autre côté de la table et de recevoir de la nourriture de quelqu’un.

C’est ce que Jésus nous appelle à faire dans ce verset. Il nous appelle à ouvrir nos yeux et à inviter ceux qui, à nos yeux, n’ont rien à nous offrir dans une relation. Et comme je l’ai dit, et j’ai déjà défendu ce point, mon objectif n’est pas de critiquer les soupes populaires. Sans les soupes populaires, les pauvres mourraient de faim. Nous avons besoin des soupes populaires. Si tu travailles dans une soupe populaire et y fais le service, c’est bien. C’est très bien.

Les pauvres ont aussi besoin d’amis. C’est plus facile pour eux de trouver des soupes populaires que des amis. Pourtant, dans ce passage, Jésus nous appelle à être des amis. Ces versets ont eu de profondes répercussions sur ma vie, celle de ma famille et celle de notre Église au cours des neuf dernières années. En fait, l’application de ce verset a fait tomber plus de barrières que quoi que ce soit d’autre que nous ayons fait en tant qu’Église. À notre Église, c’est ce que nous appelons « festoyer avec les pauvres ».

Servir des spaghettis

Tout a commencé en 2009. Nous venions de partir du Minnesota pour emménager à El Cajon. Je n’avais jamais mis les pieds à El Cajon avant d’y déménager pour implanter une Église. À cette époque, ma femme travaillait chez Starbucks. Un jour, je suis allé lui rendre visite à son travail. Un sans-abri était assis à l’extérieur et mendiait, alors je l’ai invité à entrer. Nous nous sommes assis à une table. Il s’appellait Delbert, « Del ». Et il avait dans les 70 ans. C’était un vétéran du Vietnam. Il était afro-américain. Il avait des histoires à raconter.

Nous nous sommes assis. Je lui ai acheté un café. Nous avons discuté, et après un moment, il m’a finalement dit que ce vendredi, le 6 février 2009 (le vendredi à venir), c’était son anniversaire. Il m’a dit : « Mon anniversaire approche. » Alors, je ne sais pas à quoi j’ai pensé, mais j’ai dit : « Del, que fais-tu pour ton anniversaire ? » Et il m’a lancé un regard vide. Il était sans‑abri après tout, alors il m’a simplement regardé fixement.

Le silence et les regards vides me rendent inconfortable. J’ai donc enchaîné en disant : « As‑tu des amis ? » Et, bien entendu, son regard s’est juste assombri, et j’ai réalisé que c’était probablement une deuxième mauvaise question. J’ai finalement décidé d’arrêter d’essayer de le conduire à mon idée par mes questions, ce qui ne fonctionnait pas, et de plutôt lui partager mon idée tout simplement.

J’ai dit : « Non, Del. Désolé, je suis désolé, mon ami. Voici ce que je veux dire. Écoute, je réfléchissais à l’instant. Pourquoi n’inviterais-tu pas tes amis chez moi vendredi soir, et nous ferons une fête en ton honneur ? Ma femme cuisinera des spaghettis. Je t’achèterai un gâteau. On célébrera ton anniversaire. Ce sera amusant. »

Il a répondu : « J’aime cette idée. Ça semble une très bonne idée. » J’ai ajouté : « Je viendrai te chercher chez Starbucks. Peu importe le nombre de voyages que j’aurai à faire. Invite tout le monde. Je viendrai vous chercher. Nous irons chez moi. Fête d’anniversaire. » Il a conclu en disant : « D’accord, d’accord. »

Après son départ quelques temps plus tard, quand ma femme et moi étions dans la voiture, elle m’a lancé : « J’ai vu que tu t’es fait un ami. » Elle se moquait un peu de moi. Je lui ai dit : « Oui, oui. » Elle a continué : « De quoi avez‑vous parlé ? » J’ai répondu : « Oh, tu ne devineras jamais de quoi nous avons parlé. Je l’ai invité avec tous ses amis à venir à la maison pour célébrer son anniversaire vendredi. Je lui ai dit que tu ferais des spaghettis. »

Et elle s’est simplement mise à rire. Et j’ai discerné quelque chose dans sa façon de rire : elle croyait que je blaguais. À cette époque, nous étions mariés depuis deux ans, et j’avais acquis assez d’expérience pour savoir que lorsque ma femme croyait que je blaguais, je ne devais pas la contredire. Elle croyait que je blaguais ; cela signifiait qu’elle n’était pas tout à fait prête à accepter ce que j’avais fait. Alors j’ai simplement laissé tomber.

Puis vendredi est arrivé, nous nous sommes levés, et elle ne travaillait pas ce jour‑là. Alors avant de me lever pour partir travailler, je lui ai lancé : « Chérie, cette chose dont je t’ai parlée l’autre jour. C’était réel. Del vient vraiment avec ses amis ce soir. Nous devrions élaborer un plan. » Elle a acquiescé et je l’ai rassurée : « Je vais t’aider, quel que soit le besoin. Ce sera très bien. Nous allons adorer ça. »

Elle a donc fait des spaghettis, je lui ai acheté un gâteau, et Del est venu accompagné de six amis. Nous avons mangé et quelque chose s’est produit. En plein milieu du repas. C’était fou. C’était tellement amusant. Nous riions et parlions et passions un temps des plus agréables. Puis j’ai fait une de ces choses que je n’aurais probablement pas dû faire, mais j’ai dit : « Les gars, » et ils m’ont regardé. « N’est-ce pas que ce serait génial de faire ça à chaque semaine ? » Et ils ont répondu : « Oui, c’est vrai. »

Un vrai festin

C’est arrivé en 2009, et à chaque vendredi au cours des huit dernières années et demie, nous avons invité tous les sans‑abris de la ville d’El Cajon dans notre maison. Nous avons déjà reçu 71 d’entre eux pour le souper. En moyenne, ils sont entre 40 et 60. Le nombre s’est accru à chaque année. Ma femme cuisine toujours le repas. Les trois premières années, ma femme et moi étions les seuls à le faire. Et chaque fois, nous servions des spaghettis. C’était la seule chose que nous offrions.

À présent, ma femme offre quatre menus différents. Il y a quelques jours, nous avons servi du porc effiloché ; trente livres de porc effiloché. Nous recevons désormais l’aide de plusieurs personnes de l’Église. Nous mangeons, nous nous asseyons et nous passons un bon moment. Puis nous faisons une petite étude biblique. C’est vraiment plaisant. Beaucoup de gens de l’Église participent. C’est une communauté missionnelle. Ils ont tous adhéré à notre projet. Nous avons vécu des moments incroyables.

Je me souviendrai toujours de cette année, la troisième dans le projet, quand ma femme et moi étions les seuls à nous impliquer, où la veille de Noël avait lieu un vendredi soir. Comme vous le savez, la veille de Noël est un temps agréable à passer en famille. Nous avions plusieurs jeunes gens cool dans notre Église, et ils nous avaient invités à une grosse fête où ils allaient jouer à des jeux et avoir beaucoup de plaisir.

Nous nous demandions ce que nous allions faire. La veille de Noël avait lieu un vendredi. Devions‑nous annuler notre souper ? Nous tentions de réfléchir, et finalement, nous avons pris une décision. (Nous servions seulement des spaghettis à cette époque.) Ma femme n’avait jamais cuisiné de dinde avant cela. Nous venions à peine de nous marier. Nous nous disions : « Pourquoi ne ferions‑nous pas notre première dinde ? Nous cuisinerons un gros repas. Nous aurons beaucoup de plaisir. Nous jouerons à des jeux. Et nous inviterons tout le monde à se joindre à nous la veille de Noël. Ne changeons pas les plans du vendredi.

Et c’est ce que nous avons fait. Ma femme a fait cuire une dinde, et nous avons fait des pommes de terre pilées. Nous avions pensé à tout : du lait de poule et du chocolat chaud. Ce soir-là, nous avons accueilli dix-huit sans‑abris dans notre maison. Le temps était sombre, il y avait du vent et un peu de pluie. Ils sont tous venus, nous avons mangé et joué à des jeux. J’avais préparé beaucoup de jeux amusants. Nous avons ri et passé un bon temps ensemble.

Plus tard, nous nous sommes assis et personne ne voulait retourner à l’extérieur. Il faisait froid et il pleuvait. On entendait le vent souffler contre les fenêtres. Alors nous nous sommes assis dans mon salon, devant l’arbre de Noël illuminé. Et nous avons seulement parlé de Noël. Nous avons parlé du fait qu’à sa venue, le Fils de Dieu avait choisi de naître à l’extérieur, dans une étable, parce que les gens avec qui il voulait célébrer le premier Noël étaient un groupe de bergers sales.

Et vous voyez, il ne voulait pas qu’ils pensent à ce qu’ils sentaient quand ils étaient supposés l’adorer. Il ne voulait pas qu’ils ressentent de l’insécurité face à leur façon de se vêtir ou au fait qu’ils étaient rituellement impurs. Je ne sais pas si vous y aviez déjà pensé, mais le Fils de Dieu est né à l’extérieur. Il a choisi cet endroit parce qu’il croyait que c’était l’endroit le plus accueillant pour y inviter des bergers. Il est né dans une mangeoire pour une question d’hospitalité.

Mais avant de choisir la mangeoire, il a choisi la compagnie : « Je veux qu’il y ait des bergers à ma naissance, je suis donc limité dans mon choix de lieu à naître si je veux qu’ils se sentent confortables. Si je veux être accueillant, ma naissance devrait avoir lieu dans une étable. Mon premier lit sera peut-être une mangeoire. »

J’ai parlé de cela avec dix-huit sans‑abris et je leur ai parlé de ce Dieu qui avait quitté le ciel pour venir ici‑bas, naître à l’extérieur pour être hospitalier envers des bergers sales. Ils hochaient la tête et accueillaient mes paroles, et je me suis dit : « À quoi ai‑je pensé ? Noël, c’est cela. »

Je n’ai jamais, de toute ma vie, vécu Noël comme je l’ai vécu ce soir‑là. Jamais. À ce jour, c’est la veille de Noël la plus mémorable de toute ma vie. Toutes les autres veilles de Noël que j’ai vécues ont été de simples repas avec des amis. Cette soirée a été un festin. Voilà ce que c’était. Un festin. C’est ce que Jésus est venu faire. Il est venu pour faire tomber ces barrières. Voilà le sens de festoyer avec les pauvres.

Peux‑tu trouver une façon d’inviter dans ta maison ou dans ta vie une personne que tu tiendrais habituellement à l’écart ?